C. Matériaux, sols & qualité d'exécution

Reconnaissance des sols en contexte de crise

Repérez les points d'alerte liés au sol sur un site en crise et sachez dialoguer avec le géotechnicien — sans vous substituer à une étude de sol.

Ce que vous allez apprendre

  • **Repérer les indices visibles d'un sol à risque** : zone humide persistante, tassements localisés, glissements anciens ou actifs, remblais récents, présence de failles en surface.
  • **Identifier les conditions** qui exigent une étude de sol formelle (toujours, pour tout ouvrage permanent ; impérativement, pour tout ouvrage en zone sismique ou sur sol non documenté).
  • **Préparer un dossier de demande d'étude géotechnique** : questions à poser, données à transmettre, livrables attendus.
  • **Lire un rapport géotechnique simple** (niveau G1 à G3) sans le remplacer ni le valider.

Aperçu pédagogique

Un extrait de ce qui sera travaillé

Étude de cas fil rouge : sur le chantier d'Asni (Maroc), l'étude de sol et les carottages bétons ont été externalisés à un bureau d'études indépendant. La formation explique ce que les équipes terrain peuvent — et ne peuvent pas — observer eux-mêmes en amont de cette externalisation, et comment préparer le dossier à transmettre au géotechnicien.

Prérequis détaillés

Obligatoires

Aucun prérequis technique avancé. Formation initiale en bâtiment, génie civil, géologie, agronomie, ou expérience opérationnelle en mission de terrain.

Recommandés

Une expérience de chantier ou de mission post-sinistre est utile pour ancrer les exemples.

Si vous hésitez

Si votre besoin est la réalisation d'essais géotechniques formels (pénétromètre, sondages, essais labo), cette formation ne suffit pas — visez un bureau d'études géotechnique. Cette formation cadre l'observation EN AMONT et le dialogue AVEC ce BE.

Cette formation n'est pas adaptée si…

  • Bureaux d'études géotechniques cherchant un perfectionnement technique
  • Personnes recherchant une qualification de géotechnicien
  • Projets neufs en zones où une étude de sol G2 / G3 est obligatoire et déjà commandée

Si votre cas correspond, demandez-nous conseil : nous pouvons vous orienter vers une autre formation ou un programme sur mesure.

Le mot du formateur

Pourquoi cette formation ?

Le sol est le grand oublié des projets en contexte d'urgence. Quelques minutes d'observation des indices visibles permettent souvent d'éviter des erreurs majeures dans le choix d'un site ou dans la formulation d'une demande au géotechnicien. Patrick Coulombel.

Pourquoi cette formation

Le sol conditionne la stabilité de tout ouvrage. En contexte de crise, le diagnostic géotechnique formel n’est pas toujours immédiatement accessible — mais les équipes terrain peuvent identifier en amont des indices visibles d’un sol potentiellement problématique, et préparer une demande solide au géotechnicien qui interviendra ensuite.

Cette formation apprend à repérer ces indices et à préparer le dialogue avec un géotechnicien.

Programme (1 jour indicatif)

Matin — Lire un site avant l’étude de sol

  • Indices visibles d’un sol à risque : repérage de terrain, signaux faibles, signaux forts.
  • Cas typiques : zones humides persistantes, tassements, glissements, remblais récents, failles en surface (rappel : zones non aedificandi recommandées de part et d’autre des failles identifiées).
  • Atelier : lecture d’indices sur photos de sites.

Après-midi — Dialoguer avec le géotechnicien

  • Cadre normatif de l’étude géotechnique : missions G1 à G5 (NF P94-500), ce qu’elles couvrent et ce qu’elles ne couvrent pas.
  • Construire une bonne demande : périmètre, livrables, calendrier.
  • Lire un rapport géotechnique simple : structure, informations clés, alertes à ne pas manquer.
  • Cas pratique : préparation d’une demande d’étude sur site théorique + lecture d’un rapport-type.

Méthode pédagogique

  • Apports magistraux courts adossés à des exemples de terrain.
  • Lecture commentée d’indices sur photos.
  • Atelier de préparation de demande.

Modalités d’évaluation

  • Quiz de positionnement en début de formation.
  • Production écrite courte (demande d’étude de sol sur site fourni).
  • Échange final en groupe.
  • Attestation de formation et d’acquis remise à l’issue.

Limites de la formation

  • Cette formation ne constitue pas une étude géotechnique et ne donne aucune qualification de géotechnicien.
  • Elle ne couvre pas les méthodes d’essai géotechnique formelles (pénétromètre statique / dynamique, sondages carottés, essais œdométriques, etc.).
  • La validation géotechnique reste de la responsabilité d’un BE habilité selon norme NF P94-500 (missions G1 à G5).
  • Le retour d’expérience source (mémoire Coulombel) externalise lui-même l’étude de sol à un bureau d’études indépendant : c’est la bonne pratique enseignée ici.

Bibliographie et sources

Source de référence (cas fil rouge)

  • Coulombel P., Renforcement parasismique d’un internat de jeunes filles à Asni (Maroc) — bilan technique, financier, environnemental, mémoire d’expertise, août 2025 (chap. 9.2 « Mise en place des moyens humains et d’organisation » — étude de sol externalisée).

Cadre normatif géotechnique

  • NF P94-500 — Missions d’ingénierie géotechnique — Classification et spécifications (G1 à G5).
  • Eurocode 7 — NF EN 1997-1, Calcul géotechnique.

Guides publics utiles à la lecture de site

  • DGALN, Guide sismique — Diagnostic et renforcement du bâti existant, mars 2013 (volet sols en zone sismique).
  • IRSN, Fiche séisme Maroc — Al Haouz septembre 2023 (contexte géologique).

Pour aller plus loin

La formation est complémentaire de F1 (évaluation post-catastrophe), F5 (renforcement) et F7 (matériaux et contrôles chantier). Le programme détaillé, les modalités et les conditions tarifaires sont précisés sur demande.

Demander le programme

Votre intervenant

Patrick Coulombel

Architecte, fondateur de la Fondation Architectes de l'urgence

24 ans d'interventions où les conditions de sol ont systématiquement été qualifiées via un BE géotechnique indépendant. Pratique du dialogue avec géotechniciens en contexte post-catastrophe.

Questions fréquentes

Cette formation remplace-t-elle une étude de sol ?

Non — c'est explicitement hors périmètre. Elle apprend à observer en amont, à formuler une demande de qualité, et à lire un rapport. La validation géotechnique reste de la responsabilité d'un BE habilité (étude G1 à G5 selon norme NF P94-500).

Couvre-t-elle les essais géotechniques (pénétromètre, sondages) ?

Non. Ces essais et leur interprétation relèvent d'un BE géotechnique. La formation aborde leur principe pour vous permettre de comprendre un rapport, sans vous former à les pratiquer.

Pourquoi le cas Asni est-il peu détaillé sur ce sujet ?

Précisément parce que l'étude de sol a été externalisée à un BE indépendant — c'est la bonne pratique et c'est ce que la formation enseigne. Le cas Asni illustre donc le **cadre** de cette externalisation, pas la méthode d'essai elle-même.

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