Ce que vous allez apprendre
- **Caractériser le contexte local** : bâti existant et ses typologies, sols, ressources, savoir-faire des artisans, contraintes climatiques et réglementaires.
- **Identifier les arbitrages stratégiques** d'une reconstruction : rapidité vs durabilité, standardisation vs adaptation locale, neuf vs renforcement du bâti existant.
- **Positionner les acteurs** : autorités locales, bureaux d'études, entreprises, ONG, bailleurs, populations bénéficiaires. Identifier qui décide quoi.
- **Préparer un programme de reconstruction** en lien avec ces acteurs : programmation, calendrier, jalons d'arbitrage.
- **Construire un transfert de compétences** vers les équipes terrain pour capitaliser au-delà du programme (formation par l'exemplarité).
Aperçu pédagogique
Un extrait de ce qui sera travaillé
Étude de cas fil rouge : la reconstruction post-séisme dans la province d'Al Haouz (Maroc) après le 8 septembre 2023. Le mémoire d'expertise documente la position des autorités locales (gestion souveraine de la reconstruction, recours limité à l'aide extérieure, intervention ciblée des acteurs internationaux sur les constructions privées sous réserve d'autorisation), les trois typologies constructives en présence (pierre, terre type adobe, maçonnerie / béton armé), et les principes de mitigation issus d'autres terrains (Haïti, Algérie, Turquie).
Prérequis détaillés
Obligatoires
Expérience professionnelle dans la conception, la maîtrise d'œuvre ou le pilotage de programmes de construction (architecte, ingénieur, chargé de projet ONG, agent collectivité).
Recommandés
Connaître les bases de la construction parasismique. Avoir participé à un programme post-crise ou disposer d'une culture coopération internationale.
Si vous hésitez
Si vous cherchez d'abord à évaluer les dommages avant arbitrage, commencer par F1. Si vous cherchez à préparer l'arbitrage sur un bâtiment précis (renforcer vs reconstruire), F5 est plus adaptée.
Cette formation n'est pas adaptée si…
- Étudiants en formation initiale sans expérience opérationnelle
- Personnes recherchant un programme académique d'urbanisme post-crise
- Personnes intéressées uniquement par le calcul structurel
- Programmes de bailleurs déjà figés sans marge de contextualisation
Si votre cas correspond, demandez-nous conseil : nous pouvons vous orienter vers une autre formation ou un programme sur mesure.
Le mot du formateur
Pourquoi cette formation ?
J'ai privilégié, partout où je suis intervenu (Haïti, Algérie, Mexique, Maroc, Turquie, entre autres), la formation des personnels locaux — du maçon à l'architecte. Ce sont eux qui restent sur place et capitalisent. En Haïti, après une dizaine d'années de collaboration, plusieurs des ingénieurs avec qui nous travaillions ont créé leur propre entreprise et reproduit les pratiques apprises sur d'autres ouvrages. C'est cette approche par l'exemplarité que cette formation cherche à transmettre. Patrick Coulombel.
Pourquoi cette formation
Après un événement majeur, reconstruire ne consiste pas à reproduire ce qui existait. La formation s’appuie sur le cas d’Asni (Al Haouz, Maroc, 2023) pour identifier les arbitrages clés d’une reconstruction acceptable localement : matériaux disponibles, savoir-faire des artisans, contraintes climatiques et culturelles, calendrier de relance, position des autorités locales.
Elle s’appuie également sur des retours d’expérience d’autres terrains (Haïti, Algérie, Mexique, Turquie) où les choix de matériau, de typologie et d’organisation chantier ont conditionné le devenir des programmes.
Programme détaillé (2 jours indicatifs)
Jour 1 — Lire un contexte de reconstruction
- Les trois typologies constructives observées à Asni : pierre, terre (adobe et briques de terre), maçonnerie / béton armé. Avantages, vulnérabilités, savoir-faire associés.
- Cadre réglementaire local : règlement parasismique marocain RPS (versions 2002 et 2011) ; comparaison rapide avec Eurocode 8.
- Position des autorités locales : qui pilote, qui valide, qui finance. Capacité de gestion souveraine vs aide internationale.
- Atelier : lecture comparée de contextes (Asni vs Haïti vs Turquie).
Jour 2 — Programmer et accompagner la reconstruction
- Arbitrages programmatiques : rapidité (relance scolaire / économique) vs durabilité (cycle de vie, bilan carbone) vs acceptabilité culturelle.
- Le facteur coût et la vulnérabilité des plus pauvres — un axe d’arbitrage explicite.
- Formation par l’exemplarité : organiser le transfert de compétences vers maçons, artisans, ingénieurs locaux.
- Construire un calendrier de relance compatible avec les autorisations administratives (le cas Asni documente >1 an pour un permis de construire, contre 2 mois pour une autorisation de renforcement).
- Cas pratique de synthèse en direct : élaboration d’un programme de reconstruction théorique, restitution en groupe.
Méthode pédagogique
- Apports magistraux courts adossés à un retour d’expérience documenté (Asni 2023-2025, Haïti 2010+, autres terrains).
- Études de cas comparées sur plusieurs terrains.
- Ateliers en sous-groupes, restitutions argumentées.
- Cas pratique de synthèse réalisé en direct avec le formateur.
Modalités d’évaluation
- Quiz de positionnement en début de formation.
- Cas pratiques commentés en groupe.
- Production écrite courte (note de cadrage programme).
- Restitution orale du cas pratique de synthèse en fin de session.
- Attestation de formation et d’acquis remise à l’issue.
Limites de la formation
- Les chiffres et exemples issus du cas d’Asni / Al Haouz concernent ce cas étudié (internat de jeunes filles, fondation Béatrice Schönberg, séisme d’Al Haouz du 8 septembre 2023) et ne sont pas généralisables à d’autres terrains sans contextualisation.
- Cette formation ne remplace pas un programme d’aide humanitaire complet (gouvernance, financement, sécurité, suivi) ni une étude d’urbanisme de crise à l’échelle d’une ville ou d’un territoire.
- Aucune certification de maîtrise d’œuvre, de programmation immobilière ou de cooperation internationale n’est délivrée.
Bibliographie et sources
Source de référence (cas fil rouge)
- Coulombel P., Renforcement parasismique d’un internat de jeunes filles à Asni (Maroc) — bilan technique, financier, environnemental, mémoire d’expertise, août 2025 (chap. 2.3 « Contexte local », chap. 4 « Typologies constructives », chap. 14 « Améliorations envisageables »).
Documents de cadrage publics
- Document Séisme d’Al Haouz — 365 jours après (Directives Royales, Maroc).
- Rapport de l’Observatoire du séisme, 2024 (suivi de la reconstruction marocaine).
- IRSN, Fiche séisme Maroc — Al Haouz septembre 2023.
Guides constructifs publics utiles à la comparaison de terrains
- Guide construction petits bâtiments en maçonnerie chaînée — parasismique Haïti (1ʳᵉ édition).
- Règles parasismiques de construction en terre — RPCTerre 2011.
- Royaume du Maroc, Règlement parasismique RPS 2002 et RPS 2011.
Pour aller plus loin
La formation est complémentaire de F1 (évaluation post-catastrophe), F4 (construire en zone sismique) et F5 (renforcement d’un bâtiment). Le programme détaillé adapté à votre contexte d’intervention, les modalités et les conditions tarifaires sont précisés sur demande.
Votre intervenant
Patrick Coulombel
Architecte, fondateur de la Fondation Architectes de l'urgence
24 ans d'interventions post-catastrophe (séismes, cyclones, inondations) sur une dizaine de pays, dont Haïti (2010+), Algérie (2003), Mexique (2017), Maroc (2004 puis 2023), Turquie (2023).
Questions fréquentes
Le cas Asni est-il représentatif de toutes les reconstructions ?
Non. Le contexte d'Al Haouz est spécifique : autorités locales souveraines, recours limité à l'aide internationale, typologies constructives marocaines, fonds privé (fondation Béatrice Schönberg) sur bâtiment scolaire existant. La méthode d'arbitrage est transposable ; les solutions techniques doivent être recontextualisées.
Cette formation traite-t-elle l'urbanisme post-crise au niveau territorial ?
Partiellement. Elle aborde les arbitrages programmatiques (que reconstruire, à quel rythme, avec qui), pas le redéploiement urbain à l'échelle d'une ville ou d'un territoire — sujet qui relève de l'urbanisme de crise et de programmes spécialisés.
Quel rapport avec la formation F5 (renforcement) ?
F3 (cette formation) traite la stratégie de reconstruction au niveau d'un programme ou d'un site (arbitrer, planifier, identifier les acteurs). F5 traite la décision technique au niveau d'un bâtiment précis (renforcer ou démolir, chiffrer, exécuter). Les deux sont complémentaires.
Comment intégrer la dimension financière limitée des populations vulnérables ?
Le mémoire et la formation insistent sur ce point : la construction parasismique a un coût significativement supérieur à la construction traditionnelle. Sans accompagnement financier ciblé, les populations les plus pauvres restent les plus vulnérables. C'est un axe d'arbitrage explicite des programmes de reconstruction.