Ce que vous allez apprendre
- **Identifier les zones et conditions d'intervention sûres** dans un bâtiment instable.
- **Appliquer les principes d'étaiement provisoire** pour sécuriser une intervention : étais sur portiques, étrésillonnement, supports de zones démolies partiellement.
- **Phaser une intervention** pour limiter les expositions : ordre des opérations, périmètres d'exclusion, sécurisation entre phases.
- **Anticiper le risque de répliques sismiques** et adapter l'organisation du chantier (positionnement des équipes, voies de repli, signal d'alerte).
- **Identifier les limites** au-delà desquelles l'intervention relève d'équipes spécialisées (USAR, sécurité civile, services d'urgence).
Aperçu pédagogique
Un extrait de ce qui sera travaillé
Étude de cas fil rouge : les opérations d'étaiement et de stabilisation temporaire effectuées sur le chantier d'Asni avant les travaux de renforcement (étais sur portique sous escaliers, sécurisation des zones démolies partiellement, phasage des interventions). Le mémoire identifie explicitement la prise de risque accrue lors des phases de démolition partielle qui précèdent un renforcement parasismique.
Prérequis détaillés
Obligatoires
Expérience de chantier ou de mission terrain humanitaire. Aucune formation théorique avancée requise — la formation est opérationnelle.
Recommandés
Notions de base sur la structure d'un bâtiment (porteurs, contreventement, charges) utiles pour comprendre les principes d'étaiement. Une formation aux premiers secours est un plus.
Si vous hésitez
Si votre besoin est la recherche-sauvetage en bâtiment effondré (USAR), cette formation n'est pas la bonne — visez les formations spécialisées des organismes de sécurité civile. Cette formation traite l'intervention TECHNIQUE sur bâti endommagé mais NON effondré.
Cette formation n'est pas adaptée si…
- Équipes USAR / sécurité civile (formation dédiée à la recherche-sauvetage requise)
- Personnes recherchant une certification HEAT (Hostile Environment Awareness Training) — formation différente
- Personnes recherchant une habilitation officielle de sécurité au travail (CACES, etc.)
- Étudiants en formation initiale sans expérience chantier
Si votre cas correspond, demandez-nous conseil : nous pouvons vous orienter vers une autre formation ou un programme sur mesure.
Le mot du formateur
Pourquoi cette formation ?
J'interviens depuis 24 ans sur des chantiers de stabilisation et de renforcement post-catastrophe, généralement dans les jours qui suivent le tremblement de terre principal — donc en supportant des répliques qui peuvent être très fortes. Aucune réglementation ne couvre exhaustivement ce cas de figure. Cette formation transmet les réflexes que j'applique sur le terrain, en les distinguant clairement de ce qui relève d'organisations spécialisées. Patrick Coulombel.
Pourquoi cette formation
Intervenir techniquement dans un bâtiment endommagé après séisme ou catastrophe expose à des risques spécifiques : effondrement partiel, chute d’éléments, répliques sismiques pouvant être très fortes dans les jours qui suivent le choc principal.
Cette formation transmet les réflexes opérationnels appliqués sur des chantiers réels de stabilisation et de renforcement, en distinguant clairement le périmètre de l’intervention technique (sur bâti debout mais endommagé) de celui de la recherche-sauvetage (sur bâti effondré, qui relève d’organisations USAR spécialisées).
Programme détaillé (1 à 2 jours indicatifs)
Jour 1 — Lire le bâti instable et étayer
- Spécificités du bâti endommagé : instabilité résiduelle, désordres évolutifs, risque d’effondrement partiel.
- Principes d’étaiement provisoire : portiques, étrésillons, étais reprise de charges. Exemples Asni (étais sous escaliers, sécurisation des zones démolies partiellement).
- Démolition partielle sécurisée : ordre des opérations, gestes à éviter.
- Atelier : analyse d’un dossier photos chantier post-séisme.
Jour 2 (optionnel) — Phasage, répliques et limites de responsabilité
- Phasage d’une intervention pluri-équipes : qui fait quoi quand, comment signaler les transitions.
- Risque de répliques sismiques : signal d’alerte, voies de repli, positionnement des équipes hors zones critiques.
- Limites de responsabilité de l’intervenant technique : ce qui relève d’un BE structure, de l’USAR, de la sécurité civile, d’une autorité judiciaire.
- Cas pratique de synthèse en direct : construction d’un protocole de sécurité chantier sur cas théorique, restitution en groupe.
Méthode pédagogique
- Apports magistraux courts.
- Études de cas sur photos chantier réel (Asni, autres interventions).
- Ateliers en sous-groupes, restitutions argumentées.
- Cas pratique de synthèse réalisé en direct avec le formateur.
Modalités d’évaluation
- Quiz de positionnement en début de formation.
- Cas pratiques commentés.
- Production écrite courte (protocole de sécurité sur cas théorique).
- Restitution orale en fin de session.
- Attestation de formation et d’acquis remise à l’issue.
Limites de la formation
- Cette formation transmet des réflexes opérationnels issus de retours d’expérience terrain. Elle ne constitue pas une certification de sécurité, ne délivre pas de qualification hostile environment (HEAT), et ne remplace pas une habilitation de sécurité spécialisée requise par les opérateurs humanitaires ou les autorités locales.
- Elle ne couvre pas la recherche-sauvetage en bâtiment effondré (USAR), qui relève de formations spécialisées des organismes de sécurité civile.
- Elle ne se substitue pas aux formations EPI / risque industriel généralistes, qu’elle complète sur les spécificités du bâti endommagé.
Bibliographie et sources
Source de référence (cas fil rouge)
- Coulombel P., Renforcement parasismique d’un internat de jeunes filles à Asni (Maroc) — bilan technique, financier, environnemental, mémoire d’expertise, août 2025 (chap. 6.1 « Étaiement et stabilisation temporaire », chap. 6.2 « Démolition partielle des zones affectées », chap. 14 sur les enseignements transverses).
Guides techniques publics
- AQC, Plaquette « Renforcer le bâti existant en zone sismique » (volet conduite de chantier).
- IRSN, Fiche séisme Maroc — Al Haouz septembre 2023 (contexte des répliques sismiques).
- Code du travail français — articles relatifs à l’évaluation des risques (DUERP) applicables aux missions chantier.
Pour la recherche-sauvetage (hors périmètre de cette formation)
- INSARAG (International Search and Rescue Advisory Group) — référentiel USAR international.
- Cellules USAR des sécurités civiles nationales.
Pour aller plus loin
La formation est complémentaire de F1 (évaluation des désordres avant intervention) et de F5 (renforcement, qui mobilise ces réflexes en phase exécution). Le programme détaillé, les modalités et les conditions tarifaires sont précisés sur demande.
Votre intervenant
Patrick Coulombel
Architecte, fondateur de la Fondation Architectes de l'urgence
24 ans d'interventions techniques en bâti endommagé post-catastrophe (Algérie 2003, Haïti 2010, Mexique 2017, Maroc 2004 et 2023, Turquie 2023, entre autres).
Questions fréquentes
Délivre-t-elle une certification de sécurité ou un titre HEAT ?
Non. Aucune certification de sécurité, qualification *hostile environment* ou habilitation officielle n'est délivrée. La formation transmet des réflexes opérationnels issus de retours d'expérience terrain.
Couvre-t-elle la recherche-sauvetage (USAR) ?
Non. La recherche-sauvetage en bâtiment effondré relève de compétences USAR spécialisées (sécurité civile, organismes internationaux). La formation traite l'intervention TECHNIQUE sur bâti endommagé mais NON effondré, dans un cadre de stabilisation ou de renforcement.
Quelle différence avec la formation au risque industriel ou aux EPI ?
La formation EPI / risque industriel généralise les bonnes pratiques de chantier. Cette formation se concentre sur les **spécificités du bâti endommagé** (instabilité résiduelle, répliques, étaiement, phasage) qui ne sont pas couvertes par les formations EPI standards.
Comment se déroule un format intra pour une ONG ?
Programme adapté à votre zone d'intervention et à vos typologies de bâti dominantes. Effectif recommandé : 6 à 12 personnes pour favoriser les ateliers. Durée 1 ou 2 jours selon profondeur souhaitée.